Ce qu’il faut retenir de l’intervention du président Félix Tshisekedi au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est exprimé ce jeudi 29 octobre 2026 à Moscou, lors du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique. Devant son homologue Vladimir Poutine et plusieurs dirigeants africains, le chef de l’État congolais a défendu une coopération internationale fondée sur le respect de la souveraineté des États, la sécurité, le développement économique et une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances mondiales.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC a occupé une place centrale dans son intervention. Félix Tshisekedi a sollicité l’appui de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, pour obtenir l’application effective des résolutions internationales exigeant notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la cessation du soutien au M23. Il a également rappelé les engagements de la RDC concernant la neutralisation des FDLR, insistant sur la nécessité pour chaque partie de respecter ses obligations.
Sur le plan diplomatique, le président congolais a réaffirmé la volonté de Kinshasa de diversifier ses partenariats internationaux sans s’aligner exclusivement sur une puissance étrangère. Pour Félix Tshisekedi, la coopération avec Moscou doit s’inscrire dans une politique étrangère indépendante, guidée avant tout par les intérêts de la République démocratique du Congo. Cette ouverture à la Russie ne signifie donc pas une rupture avec les partenaires traditionnels du pays.
Sur le volet économique, Félix Tshisekedi a plaidé pour une coopération qui dépasse les simples déclarations d’intention. Il a notamment évoqué les opportunités dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la transformation locale des minerais, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Le chef de l’État souhaite des projets concrets, accompagnés de financements, de calendriers précis et de mécanismes de suivi, afin que les partenariats internationaux contribuent réellement au développement du pays.
Le président de la République a également insisté sur le transfert de technologies, la formation des compétences africaines et la participation des entreprises locales aux grands investissements. Pour Kinshasa, l’objectif est de sortir progressivement d’un modèle économique essentiellement tourné vers l’exportation des matières premières brutes, afin de développer des capacités de production et de transformation sur le territoire national.
Sur la gouvernance mondiale, Félix Tshisekedi a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, conformément aux positions communes de l’Union africaine. Il a dénoncé la sous-représentation du continent dans les grandes décisions internationales, alors que plusieurs crises sécuritaires majeures concernent directement les pays africains. Évoquant également les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, il a appelé à privilégier les solutions diplomatiques et la protection des populations civiles.
Au terme de cette intervention, trois priorités se dégagent : la restauration de la paix dans l’est de la RDC, la transformation économique du pays et le renforcement de la place de l’Afrique sur la scène internationale. À Moscou, Félix Tshisekedi a ainsi réaffirmé les ambitions diplomatiques de Kinshasa. Reste désormais à traduire ces orientations en résultats concrets, particulièrement dans la lutte contre l’agression rwandaise, la restauration de l’intégrité territoriale et la réalisation des projets de coopération avec la Russie.
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