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ARSP : 100 jours de Ted Beleshayi, entre réformes, contrôle et défense des intérêts congolais

octobre 3, 2026 3:12 pm 29 vues 3 min de lecture Par Satellite Congolais

Cent jours auront suffi pour donner une première indication claire de la direction prise par l’ARSP sous Juan Ted Beleshayi Kasanda. Le bilan présenté le 1er octobre à Kinshasa montre une institution engagée simultanément dans la modernisation de sa gestion, la professionnalisation du contrôle et surtout la défense des opportunités économiques réservées aux Congolais.

Les chiffres parlent mieux que les commentaires. Sous la nouvelle direction, l’ARSP a notamment exigé de trois sociétés du groupe Ivanhoe la cessation de 140 contrats conclus avec des sous-traitants non éligibles. Chez Frontier, Boss Mining et Metalkol, filiales d’ERG, 128 inscriptions de sous-traitants non éligibles ont été identifiées. À la Sicomines, six prestataires concernés représentaient à eux seuls 80 % du chiffre d’affaires de l’ensemble des sous-traitants. Des décisions qui touchent directement à l’enjeu central de la mission de l’ARSP : faire respecter la loi et ouvrir effectivement les marchés aux entreprises éligibles.

Il faut également regarder la méthode. Dès les premiers jours de sa gestion, Ted Beleshayi a fait poursuivre les missions de contrôle déjà engagées, au nom de la continuité du service public, plutôt que d’effacer le travail antérieur pour recommencer à zéro. En parallèle, l’institution a engagé la digitalisation de ses services, l’audit des engagements financiers, la rationalisation des dépenses et la réorganisation administrative.

Cette orientation n’est d’ailleurs pas étrangère au parcours du nouveau Directeur général. Diplômé en sciences économiques et de gestion de l’Université de Kisangani, il a travaillé chez KPMG dans l’audit financier avant de rejoindre l’Inspection générale des finances après concours. Autrement dit, contrôler, auditer, analyser la gestion et rechercher la conformité ne sont pas des matières qu’il découvre à l’ARSP.

La professionnalisation du régulateur s’est également traduite par un test interne auquel 121 candidats ont participé pour renforcer le corps des inspecteurs. Les entreprises, elles, bénéficient désormais d’une durée d’agrément portée de trois à cinq ans, tandis que la nouvelle direction développe des discussions avec des banques et d’autres partenaires pour faciliter l’accès des entrepreneurs congolais au financement.

C’est précisément là que ces 100 premiers jours prennent tout leur sens : Ted Beleshayi ne s’est pas contenté d’occuper le fauteuil de Directeur général. Il a commencé à exercer l’autorité qui accompagne cette fonction.

Contrôler les grandes entreprises, écarter des marchés les sous-traitants qui ne remplissent pas les conditions légales, professionnaliser les inspecteurs, moderniser l’administration et chercher des solutions de financement pour les entrepreneurs congolais : pris ensemble, ces actes dessinent déjà une ligne de gestion.

Après 100 jours, le bilan de Ted Beleshayi à l’ARSP apparaît ainsi largement positif. Tout n’est évidemment pas achevé et les résultats devront continuer à être mesurés dans la durée. Mais une chose devient difficile à contester : son profil professionnel correspond directement à plusieurs des défis auxquels l’ARSP est confrontée et ses premières décisions montrent qu’il entend exercer pleinement les responsabilités qui lui ont été confiées.

À l’heure des commentaires faciles, des procès d’intention et des jugements précipités, il reste un critère beaucoup plus sérieux pour apprécier un responsable public : les actes. Et sur ce terrain, les 100 premiers jours de Ted Beleshayi parlent déjà pour lui.

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